Mon avis sur la BYD Seal U
Je suis actuellement à l'étranger, et pour me déplacer, j'ai loué une BYD Seal U en version DM-i. Il s'agit d'un SUV hybride, c'est-à-dire doté à la fois d'un moteur thermique à essence et d'un autre électrique.
Que penser de ce véhicule provenant d'un constructeur chinois encore inconnu il y a cinq ans ? Voici non pas un test détaillé, mais un avis personnel rapide après trois jours d'utilisation.
Esthétiquement, rien à redire, le style est une notion subjective, mais les lignes de cette voiture sont tout à fait classiques. Aucune prise de risque, mais rien de choquant non plus. Disons seulement que Seal veut dire "phoque" et que je ne vois pas trop de ressemblance entre le véhicule et l'animal.
Niveau capacité d'emport, on est loin, très loin de ma Tesla Model Y. D'abord il n'y a pas de coffre avant, car il faut bien caser le moteur thermique. Et le coffre arrière est deux fois plus petit : 425 litres contre 854 (même si Tesla, avec une certaine mauvaise foi, comptabilise tout le volume possible et pas seulement celui situé sous la tablette de la plage arrière). La raison est la tradition chinoise consistant à privilégier l'espace aux places arrières, car elles servent au transport des personnes âgées.
Le poste de pilotage est tout à fait dans la veine Tesla, c'est-à-dire que l'essentiel des commandes est sur un grand écran tactile, même si ici aussi on a quelques boutons sur le volant et les poignées de porte. On note un second écran plus petit derrière le volant, comme sur les voitures "d'avant", pour afficher la vitesse, la jauge de carburant, le taux de régénération de la petite batterie, etc.
La qualité de fabrication est frappante. Certes ce n'est pas du Mercedes ou du BMW, mais c'est tout à fait au niveau des marques occidentales.
Malheureusement, contrairement à Tesla, le logiciel embarqué est plus complexe à utiliser. Il y a encore plus de menus, et de sous-menus, qui font ressembler ce véhicule à un ordinateur roulant. Les jeunes s'habitueront, les autres (et ceux qui aiment la simplicité) risquent de s'énerver régulièrement. Et ce n'est jamais bon pour la sécurité. D'autres marques l'ont compris, il faut d'urgence revenir aux bons vieux commutateurs physiques et abandonner l'idéologie du tout-tactile.
La conduite de cette voiture est très agréable car elle privilégie le confort. Il s'agit d'une traction (les roues avant sont motrices) ; le moteur développe 218 chevaux et offre donc largement toute la puissance dont on a besoin au quotidien.
Les suspensions sont molles et absorbent bien les irrégularités de la route, mais j'ai été désagréablement surpris par le flou de la direction. Le volant lui-même est placé dans une position inclinée qui rappelle les utilitaires. Celle quasi-verticale de la Model Y me plaît bien plus.
Autre petit souci, les alertes de survitesse, qui rendent fou au bout de quelques minutes. Heureusement on peut en désactiver une partie, mais une partie seulement, car certaines sont imposées par la réglementation européenne.
Quant au prix, la version que j'ai louée coûte environ 42.000 euros en France, mais il s'agit d'une estimation au vu de la finition. Le véhicule étant fabriqué en Chine, il ne bénéficie pas des primes à l'achat.
Alors est-ce que je pourrais acheter cette BYD ? La réponse est non. Trop d'incertitudes sur le réseau de concessionnaires, sur la pérennité de la marque. Et de toute façon, je ne roule qu'en 100% électrique.
Mais BYD démontre qu'il sait construire des voitures. La Chine sous-traitante de l'Occident, c'est terminé. Maintenant c'est elle qui nous donne des leçons. Nos constructeurs peuvent avoir peur. Les fonctionnaires européens, qui ont tout fait pour les briser, également. Réagissons vite.