Taxer, encore et toujours
"Dans la vie, il n'y a que deux choses de certaines : la mort et les impôts." Benjamin Franklin avait malheureusement raison. En voici une nouvelle preuve.
Le Royaume-Uni va taxer les véhicules électriques. Bien entendu c'était totalement prévisible. Une voiture électrique, et surtout 100% électrique, ne consomme plus du tout de carburant fossile. Il en résulte un manque à gagner énorme pour le budget de l'État. Et comme on le sait, nos pays occidentaux sont tous plus ou moins au bord de la faillite.
Là où le bât blesse, c'est que la transition entre véhicules thermiques et électriques n'est même pas encore terminée. Faire payer l'électrique, c'est donc risquer de la ralentir. Mais les gouvernements n'ont pas le choix, puisque leurs marges de manœuvre financières sont inexistantes.
La question qui se pose pour nous français est : quand va-t-on faire la même chose ici ? Quel sera le système adopté ?
La question du timing est purement politique. En gros ce sera le plus vite possible, mais en faisant attention à ne pas casser le fragile mouvement qui porte actuellement les voitures électriques, notamment depuis le début de la guerre en Iran. En effet il faut rester cohérent : on ne peut pas offrir des aides pour l'achat d'un type de voiture tout en annonçant qu'il va être matraqué fiscalement.
Quant à savoir comment on paiera, il existe plusieurs possibilités. Les anglais ont choisi de faire simple, une déclaration annuelle du kilométrage. Celle-ci sera vérifiée plus tard lors du contrôle technique obligatoire. Puis on multiplie le nombre de kilomètres parcourus par une taxe fixe.
D'autres proposent des systèmes beaucoup plus intrusifs, comme une géolocalisation de la voiture permettant de calculer la distance parcourue. Le problème, elle permettrait aussi de savoir exactement où vous êtes allés. Cela poserait des problèmes évidents au niveau de la vie privée. Mais n'imaginez pas que certains ne vont pas tenter cette solution.
On pourrait aussi revenir à la bonne vieille vignette automobile, supprimée en 2000. Les plus anciens d'entre nous s'en souviennent, elle était annuelle et coûtait une somme non négligeable. Le tarif variait en fonction de la puissance fiscale de la voiture : si la moins chère commençait à environ 50€ actuels (inflation prise en compte), la plus élevée pouvait atteindre 1.200€.
Bien entendu cela signifie que les propriétaires de voitures plutôt haut de gamme payaient plus que ceux de voitures économiques. Il y avait aussi une différence en fonction du département, ce qui créait une sorte de concurrence fiscale interne.
Et puis surtout il s'agissait d'un système forfaitaire. Ceux qui roulaient peu payaient autant que ceux qui roulaient beaucoup. Tout l'inverse de la taxation du carburant, strictement proportionnelle à votre consommation.
Quelle que soit la méthode retenue, les contribuables n'ont pas fini d'être plumés.