Jean-Luc Durand

Pourquoi je suis un inconditionnel d'Apple

n-tho-duc-e4VMuIINdPs-unsplash Il y a une semaine, j'ai acheté un nouvel ordinateur, un iMac 24" d'Apple. Il remplace un autre iMac, le 27" à processeur Intel. Des années après avoir abandonné la galaxie Wintel, la magie opère toujours.

Mais tout d'abord, revenons un peu dans le PC. Pardon, dans le passé.

Nous sommes en août 2005. Depuis des années, j'utilise un PC sous Windows. Celui que je possède prend une énorme place. Il est constitué d'une tour de 50 cm de haut placée sous mon bureau. J'ai choisi cette tour parce qu'elle offre beaucoup de place. Notamment j'ai installé une carte graphique puissante pour pouvoir jouer à des jeux vidéo. En tout cas c'était l'idée à la base car après avoir essayé ces jeux, je me rends compte que j'y passe très peu de temps.

Par ailleurs il y a un problème que j'ai avec cette tour, c'est son bruit. Dès que je l'allume, un sifflement strident se fait entendre et devient profondément agaçant avec le temps. Le soir quand j'éteins la bête, c'est le soulagement. Je rêve d'un appareil plus discret mais je me dis que ça n'est simplement pas possible : la carte graphique et le processeur nécessitent un refroidissement par ventilateur et la concurrence ne fait pas mieux.

Mais depuis quelque temps, un produit a attiré mon attention. C'est le Mac Mini d'Apple. Je regarde régulièrement le site web de la marque et je suis étonné par la taille de l'objet. Il fait à peine une vingtaine de centimètres de large, sur cinq de haut. Comment cette petite boîte peut-elle contenir un ordinateur correct ?

Et puis je regarde les captures d'écran de ce qui s'appelait à l'époque Mac OS X. J'adore le design des icônes, la barre de menu en haut, la grosse barre de raccourci en bas de l'écran. Mais je suis un enfant des premiers PC dans les années 80-90 et cela laisse une trace. Acheter un Mac serait une forme de sacrilège. Et aussi un problème très concret : la compatibilité des applications. En clair, quitter Windows signifie que l'on ne peut plus utiliser sur sa nouvelle plateforme tous les logiciels que l'on a achetés. Un argument qui s'avérera par la suite fallacieux mais qui à l'époque me faisait réfléchir.

Ce jour-là je m'en souviens, c'était un vendredi. Je me rends à la FNAC rue de la République à Lyon. Dans la zone dédiée à l'informatique, on peut voir des Mac Mini en exposition. Je regarde, je réfléchis. Je sors du magasin et j'y reviens. C'est décidé, je vais investir. Le prix : 800 € (de 2005, soit presque 1000 € de 2021). Précisons qu'à ce moment-là, je suis en recherche d'emploi et c'est donc une somme importante pour moi.

Je rentre chez moi. Il est environ 11h, et j'installe avec excitation la nouvelle machine. Après l'avoir lancée, connecté mon écran plat, mon clavier et ma souris, je teste quelques logiciels. J'ai un navigateur, un logiciel permettant de lire mes mails, et un traitement de texte. Et là, vient le doute. Est-ce que je n'ai pas fait une énorme bêtise ?

Des années d'utilisation de Microsoft Windows me reviennent brutalement. Mon esprit refuse de sauter le pas. Je me dis qu'avec cette petite machine je vais être extrêmement limité. Que je vais devoir renoncer à de nombreuses fonctions intéressantes, par exemple le jeu. Car la plateforme Mac n'a évidemment que peu de jeux vidéo natifs, et même si c'était le cas, le Mac Mini ne pourrait pas les faire tourner, faute de GPU digne de ce nom.

Je décide d'éteindre l'ordinateur et d'aller déjeuner avec un ami. En cas de blocage intellectuel, il est toujours bien utile de faire une pause.

À 14h je suis de retour chez moi et cette fois-ci je prends mon temps. J'allume le petit ordinateur et je commence à parcourir les menus. J'envoie des mails, je surfe un peu sur internet. A l'époque cela représente la majeure partie du temps que je passe sur un ordinateur. Comme expliqué plus haut, le jeu vidéo, malgré des investissements importants, ne m'intéresse pas réellement.

Or le navigateur Safari est très agréable à utiliser. Le Mac Mini est réactif, sympa à regarder, ne prend quasiment pas de place sur le bureau. Bref quelque chose commence à germer dans mon esprit. Cette machine me suffit. Mieux, elle fait très bien tout ce que je lui demande. La publicité de l'époque disait d'ailleurs "Vivez votre vie numérique avec élégance et simplicité". La formule est parfaitement choisie.

Je me connecte sur un site, qui d'ailleurs existe toujours, proposant des démonstrations vidéo sur l'utilisation d'un Mac, des "screencasts". Un démonstrateur partage son écran et montre comment utiliser les principales fonctions. J'apprends vite à faire sur le Mac tout ce que je faisais auparavant sur le PC. Et même plus. Je me rends compte que mes vieux logiciels PC ne vont pas réellement me manquer, car je peux trouver l'équivalent sur Mac et souvent même gratuitement. Les fichiers PDF, par exemple, sont traités nativement par Mac OS X. Adieu Adobe Acrobat Reader.

Je continue à utiliser le Mac jusqu'à tard dans la soirée et là je fais un autre constat : le silence. Comme il ne fait pas de bruit, je peux travailler tard, ce qui était insupportable avec le PC. On peut même mettre l'ordinateur en veille, ce qui lui permet de redémarrer d'un simple clic.

Et je tombe aussi sur un site web qui parle de la consommation du Mac Mini, environ 20 W. Celle de ma tour PC est de... 400 W, soit 20 fois plus !

Le lendemain je transfère mes données du PC vers le Mac. C'est l'avant-dernière fois que j'ai appuyé sur le bouton "Marche" sur ma tour. La dernière fois, ce sera simplement pour effacer son disque dur avant de la démonter et revendre les pièces.

Aujourd'hui je comprends mieux ce qui s'est passé. J'avais été formaté — sans mauvais jeu de mot — par le monde du PC à processeur Intel. J'avais écouté la propagande selon laquelle on ne pouvait pas utiliser une autre plateforme, autrement dit un Mac, parce qu'on allait se retrouver avec une montagne de problèmes insolubles. Et c'est vrai que de nombreux logiciels PC n'existent pas sur l'OS d'Apple. Dans le monde professionnel ils sont certainement indispensables. Mais dans un cadre privé, on peut tout à fait s'en passer car il y a souvent des équivalents.

Alors c'est vrai que si j'avais été un fan de jeux vidéo, je serais sans doute resté sur PC ou tout au moins j'en aurais conservé un. Mais pour tout le reste, le Mac apporte un confort incomparable. Même si la différence est moins visible aujourd'hui, sa stabilité exemplaire contrastait avec le PC sous Windows d'alors qui plantait régulièrement.

Au niveau efficacité et efficience, le Mac bat également le PC à plate couture. La faible consommation du Mac Mini est un argument incomparable au niveau de l'environnement face à la tour Windows. Evidemment aujourd'hui on trouve même sous Windows des PC au form factor de petite taille. Mais aucun n'est aussi bien réalisé et bien intégré que le Mac Mini.

Aujourd'hui j'utilise un iMac. J'ai abandonné le Mac Mini car malheureusement, il impliquait toujours d'utiliser des câbles pour le relier à l'écran, et d'ajouter des haut-parleurs. La formule tout-en-un de l'iMac est beaucoup plus agréable. On gagne de l'espace sur le bureau et l'absence de connectique est appréciable, même s'il en faut toujours un peu pour raccorder mes disques durs externes. Le fait de n'avoir rien à configurer, à connecter et que tout soit inclus dans le même objet est aussi bien agréable le jour où on a besoin de déplacer son équipement.

Son interface est plus efficace, même si Microsoft dépense des millions en tests utilisateurs. Elle est aussi beaucoup plus agréable esthétiquement, et cela compte lorsqu'on a son écran toute la journée en face des yeux.

Ajoutons aussi que les Macs sont des objets de design. Un PC, qu'il soit sous forme de tour ou de desktop, est généralement peu esthétique. Un Mac, c'est tout l'inverse. On a envie de laisser bien en évidence sur son bureau.

Bref, aujourd'hui je ne conçois plus de me passer de mon ordinateur à la pomme croquée. J'ai appris à tout faire avec, et chaque jour je retourne avec tristesse sous Windows pour mon travail. J'y retrouve les menus mal pensés, les bugs, les messages d'alerte inutiles, bref une autre conception de l'informatique.

À vrai dire pour moi, le Mac n'a qu'un seul défaut: son prix. Encore aujourd'hui, cela reste une machine réservée aux gens qui peuvent se le permettre. Vous me direz que la qualité se paye toujours. Souhaitons que dans le futur Apple soit capable de nous proposer un produit accessible à tous.

#Apple