La maison de Jacques Cartier
Avis aux Canadiens, voici le lieu où tout a commencé. Aujourd'hui j'ai visité la maison de Jacques Cartier à Saint-Malo. C'est là que le marin, né en 1491, a vécu de 1540 à sa mort en 1557. Une bâtisse chargée d'histoire convertie en musée en 1984.
Elle est l'une des rares de son époque encore intacte, mais l'intérêt principal est la visite guidée qui nous plonge dans la vie au XVIème siècle, et nous éclaire sur les motivations de la colonisation de l'Amérique du Nord.
Retour en arrière. Jacques Cartier est un marin expérimenté, pilote du port de Saint-Malo. En 1532, l'évêque de cette ville le présente au roi de France François Ier. Celui-ci cherche de quoi financer ses guerres en Europe. Il propose à Cartier d'explorer le continent nord-américain. Objectifs: trouver de l'or ou de l'argent, et si possible un passage permettant d'atteindre la Chine.
Cartier va donc réaliser trois voyages. Au cours des deux premiers, il reconnaît ce qui est aujourd'hui Terre-Neuve, la Nouvelle Écosse, l'île du Prince-Edouard et la partie est de l'actuelle province du Québec.
Pour le troisième, on lui confie en plus la mission d'aider un noble, Jean-François de la Rocque de Roberval, à coloniser le territoire. Mais l'opération est mal organisée et échoue. Il pense aussi avoir trouvé de l'or et des diamants, rentre en France et apprend dépité qu'il ne s'agit que de minéraux sans valeur. C'est de là que vient l'expression "faux comme un diamant du Canada".
Le roi pense alors que le Canada n'a pas d'intérêt économique et, terrible erreur rétrospectivement, met fin aux expéditions en 1543. La seule chance historique de franciser l'Amérique du nord est passée. Les tentatives ne reprendront que 65 ans plus tard (Champlain en 1608), mais avec des ambitions limitées et une concurrence britannique aux moyens très supérieurs. J'ai d'ailleurs parlé de cette opportunité manquée sur mon blog consacré à l'écriture.
La maison de Cartier contient de nombreux souvenirs de cette époque. On y apprend que les marins avaient pour toute nourriture du pain appelé "biscuit" car on assurait sa conservation en le faisant cuire deux fois (bis-cuit). Que le scorbut, cette terrible maladie causée par une carence en vitamine C, pouvait être soigné par une infusion d'écorce d'arbre connue des natifs américains.
Ou que les maisons comptaient sur la chaleur des animaux pour se chauffer, d'où une pièce principale avec la cheminée d'un côté, et une porte menant à l'écurie de l'autre. Ou encore que la pendaison de crémaillère était l'occasion de faire danser les invités pour que la terre battue du sol de la nouvelle maison soit compactée, etc.
La visite dure 45 minutes. Un site intéressant pour tous les passionnés d'histoire.