Jean-Luc Durand

Comment attirer du trafic sur votre site

lukas-muller-ONZG-HRGKNQ-unsplash Des semaines. Des semaines que vous travaillez sur votre blog, et malheureusement, le constat est sans appel : presque personne ne vous lit.

Pourtant vous avez suivi tous les conseils glanĂ©s çà et lĂ  sur le web. Vous avez créé un contenu exceptionnel. Vous avez peaufinĂ© votre SEO. Vous avez passĂ© des heures Ă  essayer d’avoir le maximum de followers sur Twitter.

Mais non, ça ne donne rien. Aucun trafic, ou presque. Vous osez Ă  peine regarder vos statistiques Google Analytics. La courbe ressemble Ă  l’électro-encĂ©phalogramme d’un mort.

Alors vous commencer Ă  douter.

Vous vous dites que vous n’avez pas compris le blog. Ou que les blogueurs connus ont un « truc ». Un « truc » inaccessible au commun des mortels et qui attire les lecteurs.

C’est la dĂ©prime. Vous avez envie de renoncer.

Mais il y a cependant une lueur d’espoir. Faites moi confiance.

Pourquoi devriez-vous me croire ? Parce que moi aussi j’ai connu cette situation. Et voici comment j’ai fait pour m’en sortir.

Revenons briĂšvement en 2014. AprĂšs des annĂ©es Ă  lancer des petits blogs d’amateur tous les deux ou trois ans, j’ai dĂ©cidĂ© de m’y mettre sĂ©rieusement.

Oui, cette fois-ci, j’allais faire les choses comme il faut. Focaliser mes articles sur une seule thĂ©matique, et ne plus parler de science un matin, d’Apple le lendemain, et de gĂ©opolitique le surlendemain. J’allais utiliser des outils pour mesurer le nombre de mes lecteurs — jusqu’ici je n’en avais aucune idĂ©e ! J’allais crĂ©er des comptes sur les rĂ©seaux sociaux et travailler mon rĂ©fĂ©rencement.

Bref, j’allais essayer de faire comme les pros. Et devinez ce qui arriva ?

Eh bien
 rien. Pas de trafic, ou presque pas. Disons 10 visiteurs par jour au bout d’un an. Allez, 30 parfois.

Alors j’ai connu le dĂ©couragement. J’ai eu l’impression que j’étais arrivĂ© trop tard, ce qui me fendait le cƓur, Ă  moi qui avait créé mon premier site en 1999 ! J’avais l’impression d’avoir laissĂ© passer ma chance bĂȘtement, comme un type qui aurait pu acheter 50% de Microsoft en 1979 et ne l’aurait pas fait.

Comme certains blogs dĂ©voilaient leurs statistiques, je voyais des chiffres hallucinants : untel qui avait dĂ©marrĂ© en mĂȘme temps que moi avait 20 fois plus de visites quotidiennes !

C’était dur Ă  encaisser.

Puis j’ai rĂ©flĂ©chi. Je me suis dit : qu’est-ce qui ne va pas ? Pourquoi ça ne marche pas ? Pourquoi certains rĂ©ussissent-ils ?

J’ai Ă©tudiĂ© les blogs Ă  succĂšs. On pouvait les diviser en deux catĂ©gories : les historiques, ceux créés avant 2008–2009, et les « retardataires », ceux créés aprĂšs.

Les historiques, ce sont les blogs qui avaient démarré dans un monde sans concurrence ou presque. Il y avait déjà pas mal de lecteurs, mais peu de blogueurs.

A cette Ă©poque, Google fonctionnait avec des algorithmes beaucoup plus simples et prĂ©visibles qu’aujourd’hui, ce qui rendait le SEO beaucoup plus facile.

Les sujets les plus rentables, comme la sĂ©duction, le dĂ©veloppement personnel et le blogging, n’étaient pas encore saturĂ©s, mais en mĂȘme temps dĂ©jĂ  exploitĂ©s, ce qui dĂ©voilait leur potentiel.

Et il y avait l’exemple des Etats-Unis qui nous montraient (et d’ailleurs nous montrent toujours) avec deux ou trois ans d’avance ce que le web allait devenir chez nous.

Ces blogs avaient eu de la chance, ou du flair, sans doute un peu des deux.

Et puis il y avait les retardataires.

Ce terme n’est pas pĂ©joratif, bien au contraire : ces blogs Ă©taient arrivĂ©s Ă  se faire une place au soleil sans bĂ©nĂ©ficier des mĂȘmes facilitĂ©s que les historiques.

Ils avaient dĂ» se battre pour conquĂ©rir leur audience. Trouver des lecteurs quand tous les sujets ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© traitĂ©s par les autres. Alors je me suis dit que j’allais observer leurs techniques. Comprendre comment ils s’étaient fait connaĂźtre malgrĂ© la concurrence.

Ça m’a pris du temps. J’ai lu beaucoup sur des sites français et amĂ©ricains. Et mes conclusions ont Ă©tĂ© surprenantes.

Vous voulez les connaĂźtre ?

Je me suis rendu compte que la majoritĂ© des blogs font fausse route. Soyons plus prĂ©cis : qu’est-ce qu’on conseille un peu partout de faire Ă  un dĂ©butant ? Ecrire du bon contenu, publier souvent, et travailler son rĂ©fĂ©rencement.

Or il y a un problÚme : vous créez votre site, votre prose est digne de Balzac ou Chateaubriand, et vous optimisez vos mots-clés, la base du SEO. TrÚs bien, mais dites-moi, comment est-ce que les lecteurs savent que vous existez ?

Si vous m’aviez posĂ© cette question il y a quelques annĂ©es, j’aurais rĂ©pondu : « Ils dĂ©couvrent le nouveau blog via Google grĂące au SEO, puis y reviennent d’eux-mĂȘmes parce que les articles sont bons ». Ce raisonnement semblait se tenir non ? En fait, non, ça ne marche pas tout Ă  fait comme ça.

La seconde partie est vraie : les lecteurs qui apprĂ©cient un article vont revenir, et une petite proportion trĂšs intĂ©ressĂ©e va laisser son email dans un formulaire, ce qui permet de les contacter directement. Ce qui est faux, c’est la premiĂšre moitiĂ© de la phrase : Google seul ne suffit pas pour lancer un site. Il faut un minimum de trafic pour que le roi des moteurs de recherche vous mette en valeur dans ses rĂ©sultats.

C’est un peu comme pour former une pelote de laine : une fois qu’on a fait la petite boule de dĂ©part, elle grossit trĂšs vite. Sauf que tout le problĂšme est d’avoir cette petite boule. Et toutes les astuces de SEO que vous lirez ici oĂč lĂ  n’y changeront rien.

Alors, comment avoir le trafic minimum lorsqu’on est un parfait inconnu ?

La rĂ©ponse est finalement assez logique : il faut prendre les lecteurs lĂ  oĂč ils sont dĂ©jĂ . Et oĂč sont-ils ? Vous n’avez pas une petite idĂ©e ?

Sur les blogs déjà connus, tout simplement.

Or ces lecteurs ne connaissent pas le nouveau blogueur. Celui-ci doit donc leur faire connaĂźtre son travail. Il doit le promouvoir.

D’oĂč cette phrase qui rĂ©sume la mĂ©thode Ă  suivre :

Il faut s’appuyer sur ceux qui ont dĂ©jĂ  du succĂšs pour promouvoir son contenu.

Tout est dit ici.

Pour ĂȘtre honnĂȘte, cela ne m’enchantait pas vraiment. Cela voulait dire bloguer d’une façon diffĂ©rente de celle que j’avais imaginĂ©. DĂ©jĂ , cela impliquait d’arrĂȘter de perdre du temps avec le SEO, du moins au dĂ©but.

Non, ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : le rĂ©fĂ©rencement d’un site n’est pas inutile, bien au contraire. Mais il ne doit pas intervenir au dĂ©marrage d’un blog, tout simplement parce qu’il n’y a encore rien Ă  rĂ©fĂ©rencer.

Dit autrement, on peut voir le SEO comme un multiplicateur d’audience. Si de base vous avez 1000 lecteurs, il va peut-ĂȘtre les multiplier par 2. Donc vous en obtiendrez 2000 au final.

Mais si vous en avez zéro ? Eh bien, 0 x 2 = 0.

Autre conséquence désagréable : les réseaux sociaux ne servent pas à grand-chose.

Oui, je sais, lĂ  aussi, tous les « experts » vont me tomber dessus. Bien sĂ»r que Facebook ou Twitter peuvent vous aider Ă  vous faire connaĂźtre. Bien sĂ»r que certains ont su les exploiter Ă  leur profit. Bien sĂ»r qu’il y a de belles success-stories Ă  raconter sur le sujet. Mais on oublie un dĂ©tail, c’est que pour ça, il faut ĂȘtre dĂ©jĂ  un pro dans ce domaine. Si vous dĂ©butez, vous savez sans doute envoyer un tweet ou poster la vidĂ©o de votre anniversaire sur le site de Mark Zuckerberg, mais ça s’arrĂȘte lĂ .

Pour le dĂ©butant, l’intĂ©rĂȘt des followers sur Twitter par exemple, est trĂšs faible. DĂ©jĂ , par dĂ©finition, on en a peu au dĂ©but.

Et mĂȘme si l’on en a 2000, est-ce que ça veut dire que 2000 personnes vont forcĂ©ment voir votre tweet annonçant un nouvel article ? Et qu’elles vont forcĂ©ment toutes le retweeter ? Bien sĂ»r que non. Pour qu’un follower soit « utile », il faut qu’il soit intĂ©ressĂ© trĂšs prĂ©cisĂ©ment par la thĂ©matique du tweet, et qu’il soit connectĂ© au moment oĂč ce mĂȘme tweet arrive.

Ou qu’il ne soit pas saturĂ© d’infos, tout simplement. Car si vous suivez beaucoup de monde, les tweets, il en arrive parfois cinq par minute !

Bref, j’avais perdu beaucoup de mes certitudes. Toutefois m’en restait encore une à remettre en cause.

Je vous ai expliquĂ© plus haut que l’important, c’est de promouvoir son contenu auprĂšs de blogueurs Ă  succĂšs. Mais on fait comment ?

La rĂ©ponse est apparue sous la plume d’auteurs perspicaces que j’ai eu la chance de lire : les articles invitĂ©s.

Je connaissais cette technique depuis longtemps, mais je ne l’employais pas.

Pourtant plusieurs personnes m’avaient proposĂ© d’écrire pour leur site, mais je dĂ©clinais toujours l’offre, car j’étais persuadĂ© que le contenu bĂ©nĂ©ficiait surtout au blogueur hĂŽte et pas vraiment Ă  son auteur.

En fait, je m’appuyais Ă  tort sur mon propre comportement : quand je lis un article, je fais peu attention Ă  qui l’a Ă©crit. Seul le texte lui-mĂȘme m’intĂ©resse. Donc j’imaginais que tout le monde rĂ©agissait de la sorte. Grave erreur.

Les articles invitĂ©s sont la meilleure solution au manque de lecteurs. C’est donc celle que je me suis dĂ©cidĂ© Ă  mettre en Ɠuvre, et que j’utilise notamment pour faire connaitre mes sites.

Je vous ai convaincu ? Vous allez écrire un post et le proposer à un blogueur ? Excellent.

Toutefois, pour avoir une chance d’ĂȘtre acceptĂ©, votre article doit toutefois rĂ©pondre Ă  quelques critĂšres. Voici les plus importants :

OK, maintenant votre article est prĂȘt. Comment faire pour le proposer ? Si vous connaissez dĂ©jĂ  le blogueur hĂŽte, faites-lui un email bien sĂ»r.

Et si vous ne le connaissez pas ?

C’est lĂ  qu’il faut apprendre le relationnel. Votre but va ĂȘtre de crĂ©er un dialogue. Attention, ce n’est pas une science exacte. Tout dĂ©pend de la personnalitĂ© de votre cible.

Commencez par vous faire connaitre en déposant un ou deux commentaires sur son site.

Ne dites rien d’inutile. Soyez constructif. Apportez un plus, soulignez une information supplĂ©mentaire qui pourrait ĂȘtre utile Ă  l’article par exemple.

Sur Twitter, retweetez un ou deux tweets.

Puis contactez le blogueur par mail, en écrivant quelque chose comme :

Bonjour X,

Je lis votre site depuis quelque temps et j’ai bien aimĂ© votre article sur la culture des carottes.

Il se trouve que je blogue aussi sur le sujet (www.unpotagerquidechire.com). J’ai Ă©crit un article sur la culture des radis qui pourrait apporter de l’information pertinente Ă  vos lecteurs. Vous le trouverez en piĂšce jointe. Est-ce que cela vous intĂ©resserait de le publier ?

Si besoin je peux le rĂ©viser pour l’adapter Ă  vos besoins.

A trùs bientît j’espùre.

Et si vous essuyez un refus, ne dĂ©primez pas. Cela arrive Ă  tout le monde. Ne vous remettez pas en cause. Proposez plutĂŽt votre article Ă  d’autres, modifiez-le, ou Ă©crivez-en un qui colle plus aux attente de votre cible.

Comment trouver le bon blogueur hĂŽte ? Vous ne devez pas Ă©crire Ă  n’importe qui. Vos capacitĂ©s d’écriture Ă©tant limitĂ©es par le temps, sauf si bien sĂ»r vous n’ĂȘtes pas un ĂȘtre humain 😉 , il faut se concentrer sur les blogueurs qui ont le plus de lecteurs, de façon Ă  maximiser l’impact de votre article.

Un petit site Ă  20 visites par jour ne tirera aucun bĂ©nĂ©fice d’un lien provenant d’un autre petit site Ă  20 visites par jour.

Vous devez donc trouver ceux qui font la pluie et le beau temps dans votre thématique. Bien sûr, vous en connaissez sûrement déjà certains, surtout si le sujet est trÚs précis.

Comment procĂ©der ? Je prĂ©fĂšre vous prĂ©venir : ce travail prend un certain temps. L’idĂ©e est de trouver les blogueurs ayant le plus de backlinks. De cette façon, vous avez une idĂ©e claire de leur popularitĂ© et donc de leur trafic.

Pour avoir cette info, il faut un utilitaire spĂ©cial. La plupart sont payants, mais je vous propose d’en utiliser un gratuit, OpenLinkProfiler.

Commencez par taper dans Google une recherche qui traite de la thĂ©matique de votre article. Par exemple, si vous avez Ă©crit « Les 4 erreurs Ă  Ă©viter lorsqu’on crĂ©e son jardin potager », tapez « crĂ©er son jardin potager ».

Copiez l’URL du premier rĂ©sultat obtenu et coller la dans OpenLinkProfiler. Vous obtenez d’abord quelques statistiques. Et un peu plus bas, la liste complĂšte des backlinks, que vous pouvez filtrer selon divers critĂšres.

Faites cela avec les 10–15 premiers rĂ©sultats de Google et classez-les par quantitĂ© de liens entrants.

Puis contactez les blogueurs en question en commençant par ceux les moins bien positionnés.

Euh, pourquoi les moins bien d’abord ? Parce que vous pourrez ainsi vous faire la main et acquĂ©rir l’expĂ©rience du placement d’un article invitĂ© avant de taper aux portes les plus importantes.

Si tout marche bien, vous pourrez ainsi placer une douzaine d’articles qui pointeront vers votre site. Suffisant pour lancer la machine de l’audience et pouvoir ensuite publier « Ă  domicile ».

Vous ĂȘtes maintenant parĂ©(e) pour vous faire connaĂźtre dans le monde du blog !

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